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Le lys



Au milieu d’un grand pré d’herbe verte et charnue,

Un lys cambrait sa tige sous le poids des pétales

Qui en le couronnant d’un rouge cardinal

Lui donnaient l’allure d’une fière statue.

Depuis son piédestal habillé de feuillage,

Il appuyait sur l’herbe un regard de mépris,

Pensant bien qu’à lui seul, et grâce à son esprit,

Il s’était élevé au-dessus des nuages.

Cette tête orgueilleuse, ivre de son succès

Entendait dominer sur le champ tout l’été.

Elle voyait déjà les brins d’herbe couchés

À ses pieds, fascinés devant sa majesté.

Elle n’était pas loin, il est vrai, de la gloire

Quand ses pétales usés de six journées d’éclats

Cessèrent de s’ouvrir et commencèrent, las,

À mourir lentement, fanant tous ses espoirs.

Les feuilles qui formaient son verdoyant habit

Jaunirent et glissèrent comme de grandes larmes.

La fleur tomba au sol en six pétales parmes

Qui firent une corolle autour de son dépit.


L’herbe modeste qui avait vu d’autres rois

Reçut sur son tapis cette auguste dépouille ;

Elle l’ensevelit pour qu’aucun ne la souille

Et dans son humble vie oublia cet émoi.

La constance vaut mieux que la splendeur d’un jour.

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© 2020 Margot de Jubécourt

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