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Traiter des sujets polémiques

Tous mes romans abordent des problématiques sensibles, difficiles, qui pourraient faire l'objet de longs débats.


Parmi ces sujets, certains peuvent être politisés.

Je ne fais pas de politique dans mes romans. Jamais.

Mais, à travers le prisme de certains personnages, et comme beaucoup d'auteurs, j'ai toujours un message à livrer : celui de l'espoir. Pourtant, je détesterais que quelqu'un se sente jugé sur sa propre situation à travers un de mes romans.


Alors, comment traiter ces sujets polémiques dans une histoire, et faire passer un message, sans que le roman ne se transforme en essai politique ?
C'est pas les essais qu'on transforme, normalement ?

Je vous propose 3 grands principes pour aborder ces sujets avec délicatesse.



1. Glissez-vous dans la peau de votre personnage en écartant vos propres convictions.


Bien sûr, vous avez peut-être un message à faire passer. Vous voulez qu’on en vienne à la conclusion que la vengeance, c’est mal, ou qu’éduquer ses enfants, c’est quand même mieux que de les abandonner (même si ça dépend pour qui 😄).


MAIS.


Même si vous avez une claire vision du dénouement, prenez le temps de vous mettre VRAIMENT dans la peau de votre personnage, dans sa situation, avec ses blessures et ses forces, son entourage, ses croyances.

Prenez le temps de ressentir sa détresse, de peser son dilemme avec son point de vue à lui, de le comprendre dans ses sentiments les plus contradictoires. Faites vivre son combat et son émotion au lecteur.

Passer de l’envie de vengeance à la paix peut se faire avec beaucoup de temps et d’erreurs, de dilemmes, de combats… et c’est bien ce combat qui intéresse votre lecteur !



2. Faites intervenir différents points de vue à travers les autres personnages.


Des gens qui affirment leur point de vue sans qu’on leur demande, il y en a partout… alors pourquoi pas dans votre roman ? Face à cette question de la vengeance, votre personnage est indécis, mais il a sûrement autour de lui des personnes qui vont chercher à l’influencer.

Faire intervenir ces personnes vous donne l'occasion d'exprimer plusieurs points de vues, plusieurs aspects du débat, qui s'en trouvera enrichi. Votre personnage, quant à lui, devra se frayer son propre chemin au milieu de ces opinions, discerner ce qui est bon dans chacune. Et c'est toujours l'occasion de dialogues intéressants, avec des répliques plus ou moins délicates, des réparties cinglantes, des vexations... des réactions humaines !



3. Gardez à l’idée que la position que prendra finalement le personnage n’est qu’une réponse parmi d’autres.


Comme par hasard, votre personnage prend finalement le chemin que vous aviez décidé pour lui ? Ben ça c'est curieux, dites donc.


Mais que votre personnage ait finalement choisi la vengeance ou le pardon, traitez cette décision comme elle doit l’être : c’est celle de votre personnage, et de lui seul.


Ne cherchez pas à convaincre votre lecteur que votre solution est la bonne. L'histoire se suffit bien souvent : elle ouvre un chemin, elle pose des questions, elle sera peut-être le point de départ de la réflexion du lecteur. Jamais la fin - ce n'est pas son rôle.


Un dernier conseil ?


Ne traitez ces sujets que s'ils vous intéressent, vous interrogent vraiment. Les évoquer pour les résoudre en trois mots n'aurait aucune valeur ajoutée et pourrait vexer quelques lecteurs au passage.


Sauf, bien sûr, si vous inventez le personnage de Jean-Michel-sûr-de-lui qui prétendra évincer la pauvreté, la corruption, la violence, la famine et le pouvoir en quatre secondes. Mais là, on entre dans un autre vaste sujet : celui des personnages !

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